Des milliers de chaînes pour 25 $ par mois : l'affaire Arubox, un cas québécois

Un petit boîtier, des milliers de chaînes, et un abonnement à 25 $ par mois. Pour environ 7 000 foyers québécois, l’offre d’Arubox.TV semblait trop belle pour être vraie. Elle l’était.
Derrière ce service se cachait l’une des plus importantes affaires de vol de signaux de télévision au Québec. Partie d’une plainte de télédiffuseurs en 2021, l’enquête de la Sûreté du Québec, baptisée Radiophonie, s’est conclue en juillet 2026 par un plaidoyer de culpabilité de son principal organisateur.
Retour sur une affaire qui montre comment fonctionne l’IPTV illégale, et comment elle peut prendre fin.
Un service clé en main
Le modèle était simple et efficace :
- un décodeur vendu environ 250 $, préconfiguré ;
- puis un abonnement d’environ 25 $ par mois ;
- en échange, l’accès à quelque 3 500 chaînes, dont celles de Bell, de Rogers et de Québecor.
Selon la presse, la clientèle serait passée d’environ 3 000 à 7 000 abonnés entre 2020 et 2024. La Sûreté du Québec estimait les profits à au moins 2 millions de dollars par an. Les infractions reprochées couvrent la période de juin 2020 à février 2024.
De la plainte à l’opération policière
L’enquête démarre en 2021, à la suite d’une plainte déposée par BCE. Elle progresse par étapes :
- mai 2023 : une première perquisition vise le domicile du principal suspect, à Laval ;
- 20 février 2024 : une vaste opération mène à plusieurs arrestations et à des perquisitions à Laval, Saint-Eustache, Longueuil, Brownsburg-Chatham et Gatineau ;
- mai 2025 : le principal accusé, arrêté à l’étranger, est rapatrié et comparaît à Trois-Rivières.
Au total, huit personnes ont été accusées. Les chefs portés contre le principal accusé comprenaient notamment le complot, la fraude, le vol de services de télécommunication, la fabrication et la vente de dispositifs permettant d’accéder aux signaux, et le recyclage des produits de la criminalité.
Juillet 2026 : un plaidoyer de culpabilité
Le 8 juillet 2026, à Trois-Rivières, le principal accusé a plaidé coupable. Selon la presse régionale :
- il a été condamné à deux ans, déjà purgés en détention préventive, suivis de trois ans de probation ;
- il doit remettre 800 000 $ aux autorités ; plus de 2 millions de dollars auraient été récupérés au total dans le cadre du projet ;
- il a reconnu avoir poursuivi ses activités depuis l’étranger sous un nouveau nom de service, jusqu’en mai 2025 ;
- selon la Couronne, il s’agit de la peine la plus sévère prononcée au Canada pour un vol de services de télécommunication par IPTV.
Plusieurs coaccusés ont aussi plaidé coupables. L’un d’eux avait été condamné dès octobre 2025 à une peine avec sursis assortie d’une amende compensatoire de 70 000 $.
Ce que dit la loi canadienne
L’IPTV illégale peut être poursuivie sur plusieurs terrains :
- le Code criminel, qui réprime le vol de services de télécommunication et la fabrication ou la vente de dispositifs permettant de les obtenir ;
- la Loi sur la radiocommunication, qui interdit le décodage non autorisé de signaux et ouvre des recours civils aux diffuseurs ;
- la Loi sur le droit d’auteur, qui vise la violation des œuvres et les services qui la facilitent.
Arubox n’est pas un cas isolé. En 2022, le fondateur du site TVAddons a accepté un jugement de 25 millions de dollars en faveur de Bell, Rogers, Vidéotron et TVA. Quelques années plus tôt, un vendeur montréalais de boîtiers préchargés avait été condamné pour outrage au tribunal après avoir ignoré une injonction.
Le revers de l’abonnement à 25 $
Aucun abonné n’a été poursuivi dans cette affaire. Mais l’abonnement pirate reste un pari perdant :
- le service peut disparaître du jour au lendemain, avec l’argent versé, sans aucun recours ;
- les boîtiers et applications IPTV pirates exposent à des logiciels malveillants et à la fraude à la carte de crédit ;
- et chaque abonnement finance directement des réseaux qui privent les créateurs et les diffuseurs de leurs revenus.
Nos conseils
Pour les ayants droit :
- Repérez les revendeurs, pas seulement les sites : l’IPTV illégale se vend sur des boutiques, des petites annonces et des pages de réseaux sociaux.
- Constituez des dossiers solides : captures, prix, chaînes offertes, coordonnées publiées, moyens de paiement. C’est ce type de preuve qui permet d’agir, y compris en portant plainte à la police.
- Faites retirer les annonces et les pages de vente au fur et à mesure qu’elles apparaissent.
Pour le public :
- Une offre « tout inclus » à 25 $ par mois est un signal d’alarme.
- Un service qui change souvent de nom ou de site n’offre aucune garantie.
C’est précisément le travail de notre analyse IPTV : repérer les revendeurs, relever leurs annonces et les chaînes qu’ils proposent, et centraliser les preuves dans votre portail client. Parlez avec un expert pour savoir qui revend vos chaînes.
Sources
- Radio-Canada, opération du 20 février 2024 : ici.radio-canada.ca
- La Presse, perquisition de mai 2023 : lapresse.ca
- Le Nouvelliste, comparution du 7 mai 2025 : lenouvelliste.ca
- Le Nouvelliste, plaidoyer d’un coaccusé (29 octobre 2025) : lenouvelliste.ca
- Le Quotidien, plaidoyer du 8 juillet 2026 : lequotidien.com
- TorrentFreak (9 mai 2025) : torrentfreak.com
- TorrentFreak, sur TVAddons (2022) : torrentfreak.com


