L’énergie est devenue l’un des terrains les plus sensibles au niveau géopolitique. Alors que les États s’affrontent de plus en plus dans l’espace numérique, les infrastructures énergétiques représentent des cibles stratégiques majeures. Elles concentrent des ressources essentielles et conditionnent le fonctionnement d’un pays tout entier, et leur perturbation peut avoir des conséquences immédiates sur les populations. Depuis une quinzaine d’années, des groupes soutenus par des États se sont spécialisés dans ce secteur, menant des opérations de sabotage, d’espionnage ou de préparation opérationnelle. L’hiver intensifie encore cette vulnérabilité, car la demande énergétique augmente et les marges de flexibilité diminuent.
Pour comprendre l’ampleur des risques, il faut retracer l’évolution des attaques contre les systèmes industriels et analyser la manière dont les acteurs hostiles exploitent la dépendance énergétique des États.
L’histoire moderne de la cybersécurité énergétique commence en 2010 avec Stuxnet. Ce malware extrêmement sophistiqué ciblait spécifiquement des automates programmables industriels Siemens, utilisés dans les centrifugeuses du programme nucléaire iranien. Contrairement aux attaques informatiques classiques, Stuxnet n’avait pas pour objectif de voler des données, mais de provoquer des dommages physiques, en manipulant la vitesse des centrifugeuses tout en masquant les anomalies ainsi crées.
Ses caractéristiques ont posé les fondamentaux des cyberattaques industrielles modernes :
Cette attaque a révélé que des infrastructures physiques pouvaient être sabotées à distance, sans missiles ni explosifs. Depuis, la frontière entre cyber et monde physique est devenue poreuse.
En 2015 puis 2016, le réseau électrique ukrainien a subi deux attaques majeures. Attribuées au groupe Sandworm, présenté groupe de hackers d’élite appartenant à l’armée russe, elles constituent les premières coupures de courant à grande échelle provoquées volontairement par une opération numérique.
Ces attaques ont montré qu’il était possible de
Les opérateurs occidentaux ont compris que leurs propres réseaux, souvent anciens, interconnectés et partiellement automatisés, étaient exposés aux mêmes risques.
En 2017, l’attaque Triton (ou Trisis) a ciblé une usine pétrochimique au Moyen-Orient. Le malware visait les systèmes de sécurité fonctionnelle Schneider Electric, conçus pour protéger l’installation en cas de défaillance. La tentative était grave, car compromettre ces systèmes aurait pu entraîner une explosion et des pertes humaines importantes.
Cette attaque marque un tournant :
Triton reste l’une des attaques les plus dangereuses de l’histoire du cyber de ce type de piratage.
En 2021, le ransomware DarkSide a paralysé Colonial Pipeline. L’attaque ne visait pas les systèmes industriels, mais les systèmes informatiques administratifs. Pourtant, la société a stoppé son réseau de pipelines par mesure de précaution.
Cette crise a révélé plusieurs réalités :
Les files d’attente dans les stations-service, la flambée temporaire des prix et la réaction gouvernementale ont montré la sensibilité extrême des chaînes d’approvisionnement énergétique.
Depuis le début des tensions énergétiques en Europe en 2022, les tentatives d’intrusion contre les infrastructures critiques ont explosé. Les secteurs les plus visés sont :
Les groupes multiplient notamment les attaques permettant un accès initial furtif, cherchant à maintenir une présence discrète jusqu’à ce qu’une situation géopolitique rende une attaque visible opportune
Les groupes les plus actifs incluent :
Leur stratégie combine espionnage, préparation, perturbation potentielle et parfois manipulation de paramètres industriels. Ce type d’attaque est appelé APT (Advanced Persistent Threat), et combine un niveau de sophistication technique très élevé, capable de pénétrer furtivement dans les systèmes critiques de grandes organisations (entreprises ou acteurs institutionnels) et s’y maintenir de façon persistante ( de façon dormante pour de longues périodes).
Une attaque bien coordonnée peut provoquer :
L’énergie n’est plus une ressource : c’est un levier stratégique.
Ces quinze dernières années ont montré une escalade continue dans ce domaine souvent méconnu du public. Le secteur énergétique est devenu un champ de bataille numérique à part entière. Les groupes APT utilisent l’hiver comme une opportunité stratégique pour maximiser l’impact. Comprendre cette menace est essentiel pour répondre à la question à laquelle nous répondrons dans notre deuxième partie: comment garantir la continuité même en cas d’attaque ? Dans l’intervalle, si vous avez un film, une série, un logiciel ou un livre électronique à protéger, n’hésitez pas à faire appel à nos services en contactant l’un de nos gestionnaires de comptes; PDN est pionnier dans la cybersécurité et l’antipiratage depuis plus de dix ans, et nous avons forcément une solution pour vous aider. Bonne lecture et à bientôt !
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